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Golfe du Lion

Au 15 septembre :

62

jours

sur Janjak

500

milles nautiques

navigués sur la Méditerranée

De Marseille au golfe de Fos-sur-Mer

15 et 16 septembre

Ce mardi 15 septembre, nous quittons le Vieux-Port de Marseille en direction de la Camargue. Il n’y a ni vent ni vagues : la mer est parfaitement lisse. Nous commençons donc la navigation au moteur.  Nous profitons de ce calme pour bricoler en route. Nous devons percer des trous dans les pare-battages d’angle achetés à Marseille afin de pouvoir les fixer à l’arrière de Janjak. Nous installons celui de tribord, mais il faudra déplacer le vélo à bâbord avant de pouvoir fixer le second. 

Nous avançons jusqu’à la baie de Figueres, où nous jetons l’ancre pour déjeuner et profiter des conditions particulièrement calmes. 

Mobirise
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Le mouillage est magnifique et l’eau est transparente jusqu’au fond. Sans vent, il fait encore bien chaud. Pour le déjeuner, nous mangeons froid : wraps et tomates cerises.  Comme l’eau est très belle et que, pour une fois, nous ne sommes pas pressés, nous en profitons pour nous baigner. Cela ne nous était plus arrivé depuis l’Italie, avant le départ de Zoë. Avec les derniers épisodes de mistral, la température de l’eau a nettement baissé. Elle est fraîche, mais reste très agréable. 

Mobirise
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Au large, nous apercevons plusieurs voiliers qui semblent profiter d’un peu plus de vent. Au moment de repartir, nous décidons donc de nous éloigner de la côte pour essayer d’en trouver à notre tour.  Le vent reste faible et nous choisissons de hisser le gennaker. Pendant environ une heure, nous avançons à peine au-dessus de 2 nœuds, avec une dérive d’environ 15° vers la côte. Malgré notre faible vitesse, cela fait vraiment plaisir de pouvoir enfin couper le moteur et avancer en silence, uniquement grâce au vent. 

En chemin, nous apercevons d’énormes poissons bondir hors de l’eau. Ils sont trop éloignés pour que nous puissions les identifier, mais leur taille nous fait penser à de gros thons.

Mobirise
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En approchant du golfe de Fos-sur-Mer, le paysage et la navigation changent complètement. Le trafic de navires de commerce devient important et nous devons tenir compte des chenaux de circulation, marqués par des bouées, et de plusieurs zones à éviter. Nous préférons donc replier les voiles et rallumer le moteur afin de rester plus manœuvrants.

Nous visons un mouillage pour la nuit à proximité du canal Saint-Louis, qui permet d’accéder à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Le mistral doit se lever le lendemain vers midi, avant d’être suivi par la tramontane (vent venant du nord, descendant la vallée du Rhône). Nous prévoyons donc de passer quelques jours au port en attendant de meilleures conditions.

L’accès au mouillage est assez long et le décor est très différent de tout ce que nous avons connu jusque-là. D’immenses infrastructures industrielles bordent le golfe, l’eau est verte, des paquets d'algues flottent, le fond est vaseux et des fumées s’échappent de certains bâtiments et navires.

Nous suivons un long chenal avant d’atteindre notre mouillage, près d’une digue et le long des parcs ostréicoles. Nous sommes peu nombreux à avoir jeté l’ancre ici. 

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Au crépuscule, nous remarquons la présence de nombreux petits insectes volants, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de Janjak. Nous fermons rapidement portes et fenêtres. C’est la première fois, en dehors des épisodes de pluie ou d’orage, que nous nous enfermons complètement dans le bateau.

Mais il est déjà trop tard !

Nous essayons de travailler sur le blog au milieu d’une invasion de petits insectes volants et de quelques moustiques : pas de doute, nous sommes arrivés en Camargue. Rapidement, cela devient compliqué. Nous les chassons et les éliminons par dizaines, mais ils sont attirés en permanence par la lumière. Nous finissons par abandonner le blog et décidons d’éteindre pour aller nous coucher. 

En passant aux toilettes, Etienne entend alors de petits impacts sur la fenêtre, semblables à des gouttes de pluie. En regardant de plus près, nous découvrons qu’il s’agit en réalité des insectes. Dehors, ils sont des centaines, certains venant frapper les vitres pour tenter de rejoindre la lumière à l’intérieur.

Au réveil, Nouille est pressée de sortir. Elle n’a pas l’habitude de rester enfermée toute la nuit et aime généralement aller se promener sur le bateau dès le petit matin. De notre côté, nous sommes beaucoup moins pressés d’ouvrir : les insectes sont toujours nombreux.  La nuit a également été particulièrement humide. Une multitude de petits insectes sont maintenant collés un peu partout sur le bateau, en plus de tous ceux qui continuent à voler autour de nous. 

Mobirise
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Mais le décor au réveil mérite tout de même de sortir. Une brume épaisse nous entoure, au-dessus d’une mer parfaitement plate, alors même que le vent commence doucement à se lever. L’ambiance est très différente de tout ce que nous avons connu jusqu’ici.

Nous devons également préparer Janjak pour notre arrivée au port, installer les pare-battages et préparer les amarres. Pour nous protéger à la fois de l’humidité et des insectes, nous enfilons nos vêtements de quart : veste pour Amandine et salopette pour Etienne. Il ne fait pourtant pas froid, mais le bateau est trempé et les insectes sont absolument partout.

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Le vent semble se lever plus tôt que prévu. Nous contactons donc le port pour savoir s’il est possible d’arriver avant midi. La réponse étant positive, nous levons l’ancre.  Nous empruntons alors le long canal Saint-Louis, entre le golfe et le Rhône. Le port est séparé du fleuve par une écluse, que nous n’avons pas besoin de franchir. Le décor nous donne davantage l’impression de naviguer sur un fleuve qu'en Méditerranée. Après plusieurs mois de côtes rocheuses et d’eau bleue, nous découvrons une ambiance complètement différente, et c’est très agréable d’expérimenter de nouvelles ambiances. 

À notre arrivée au port, nouvelle expérience : pour la première fois, nous devons nous amarrer le long d’un catway, un petit ponton perpendiculaire au quai principal qui longe une partie du bateau. Il n’y a donc pas de pendille comme dans les ports que nous avons fréquentés jusqu’ici.  Avec le vent qui souffle, nous devons rapidement comprendre comment répartir correctement les amarres pour empêcher Janjak d’avancer, de reculer ou de pivoter dans son emplacement. Une fois encore, la manœuvre se déroule très bien et nous parvenons à amarrer efficacement Janjak dans sa nouvelle place. 

Mobirise
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Port-Saint-Louis-du-Rhône

Du 16 au 21 septembre

Après notre amarrage et un passage à la capitainerie, nous décidons d’aller directement déjeuner dans une petite brasserie à proximité du port. La ville semble assez petite et globalement peu animée, mais les terrasses sont pleines. Amandine choisit une cuisse de canard confite, tandis qu’Etienne opte pour un carpaccio.

De retour sur Janjak, la première mission consiste à nettoyer le bateau après notre nuit au mouillage. Nous branchons le tuyau d’arrosage et rinçons intégralement l’extérieur et brossons au balais, pour éliminer tous les insectes restés collés un peu partout. Nous en profitons également pour rincer le moteur et l’ancre, avant de nous attaquer à l’intérieur et aux nombreux insectes morts.

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Nous allons finalement passer six nuits à Port-Saint-Louis-du-Rhône, avec un départ prévu le 22 septembre. Cela nous laisse largement le temps de découvrir les environs, mais aussi d’avancer sur plusieurs travaux à bord.

Et pour commencer : des joints ! Cela faisait longtemps…  Quelques petites infiltrations persistent, notamment dans la chambre lorsqu’il pleut vraiment. Nous reprenons donc l’étanchéité à cet endroit, ainsi qu’au niveau du toit du pare-brise et du toit ouvrant. Avec ces dernières reprises, nous devrions enfin en avoir terminé avec les joints des fenêtres. 

Un chantier important concerne la pompe à eau de la cuisine. Depuis notre départ, le débit de l’évier est très faible et, depuis quelques jours, la pompe surchauffe au point d’être devenue inutilisable. Nous avions acheté une nouvelle pompe 12V lors de notre dernier passage à Menton et attendions simplement d’avoir suffisamment de temps au port pour nous en occuper.

Nous commençons par débrancher l’ancienne pompe. En retirant le tuyau situé entre celle-ci et le robinet, le réservoir d’eau tribord, presque vide, commence à se vider par la pompe. Nous devons donc récupérer l’eau petit à petit, tupperware après tupperware. Au total, il restait encore une trentaine de litres. Une fois le réservoir vidé, nous pouvons enfin retirer complètement l’ancienne pompe.

C’est à ce moment-là que nous faisons une découverte : caché sous le meuble de la cuisine se trouve un interrupteur que nous n’avions encore jamais remarqué. Il permet en réalité de commander directement la pompe depuis la cuisine. Depuis notre départ, nous l’allumions et l’éteignions depuis le tableau électrique situé à l’entrée du bateau, ce qui était particulièrement peu pratique. Ce nouvel interrupteur va donc grandement simplifier son utilisation. Nous constatons également d’importants dépôts de calcaire dans les tuyaux. Nous nettoyons le réservoir et le circuit au vinaigre, ce qui permet de décoller des morceaux entiers qui gênaient manifestement la circulation de l’eau. 

Nous installons ensuite la nouvelle pompe, la raccordons au circuit d’eau et à l’électricité, puis la mettons en marche. Et là… rien ne coule. 

Nous entendons bien la pompe démarrer. Elle tourne, semble monter en pression, puis s’arrête, comme si quelque chose bloquait complètement la circulation de l’eau.  Après plusieurs recherches, nous démontons finalement le raccord entre le tuyau en plastique et la robinetterie. Le problème apparaît immédiatement : le flexible du robinet est entièrement bouché par le calcaire. Le robinet étant un mitigeur, il possède deux arrivées, une pour l’eau chaude et une pour l’eau froide. Comme nous n’utilisons qu’une seule arrivée, nous raccordons la pompe au second flexible. L’opération nécessite tout de même de démonter entièrement le robinet pour le nettoyer avant de tout remonter. 

Cette fois, ça fonctionne ! La nouvelle pompe délivre enfin un bon débit et nous allons pouvoir utiliser normalement l’évier de la cuisine.

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Un autre chantier, un peu plus impressionnant, nous attend : remplacer la drisse de signaux située sous la barre de flèche tribord. L’ancienne, devenue vieille et rêche, avait cassé lors de notre passage en Italie.  Pour installer la nouvelle, il faut la faire passer dans un anneau situé sous la barre de flèche, à environ six mètres au-dessus du pont. Nous n’avons ni baudrier d’escalade ni chaise de mât. Il faut donc imaginer une solution suffisamment sûre pour monter quelqu’un là-haut, tout en sachant que le mât n’offre quasiment aucune prise permettant de l’escalader. 

C’est Amandine qui montera. Pour sécuriser au maximum l’ascension, nous mettons en place deux systèmes totalement indépendants. Le premier est un harnais artisanal réalisé avec un bout et relié à la drisse de grand-voile. Le second utilise le harnais de navigation, renforcé par une sangle passant entre les jambes, et relié à la drisse du gennaker. Plusieurs essais et ajustements sont nécessaires avant de trouver une installation qui nous convient. Nous essayons d’abord de hisser Amandine avec les winchs situés au pied du mât, mais cela ne fonctionne pas correctement. Etienne ramène donc les drisses jusqu’au cockpit afin d’utiliser le winch habituellement employé pour hisser la grand-voile. 

Amandine s’équipe de la nouvelle drisse de signaux et l’ascension peut commencer. Sur les deux premiers mètres, elle parvient encore à prendre appui sur les winchs du mât puis sur la bôme. Ensuite, il n’y a plus aucune prise. Etienne la hisse progressivement avec la drisse de grand-voile tout en sécurisant régulièrement sa position avec la seconde drisse. De son côté, Amandine s’aide de la balancine pour se hisser. 

Arrivée à environ six mètres de hauteur, malgré son vertige, elle doit lâcher ses deux mains pour faire passer la nouvelle drisse dans l’anneau situé sous la barre de flèche, décalé de près d’un mètre sur le côté du mât.  Une fois la drisse passée, il ne reste plus qu’à redescendre. Etienne laisse progressivement filer la drisse principale tout en assurant régulièrement Amandine avec la seconde. 

Quelques minutes plus tard, elle retrouve enfin le pont, tremblante mais fière d’avoir réussi. Elle retire tout son équipement pendant qu’Etienne termine le montage de la boucle. Notre nouvelle drisse de signaux est enfin installée !

Mobirise
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Pour terminer les principaux travaux, nous devons également recoller le revêtement du sol du cockpit, qui se décolle par endroits et peut se soulever avec le vent.  Nous avions déjà acheté un mastic adapté, mais nous n’en avons que suffisamment pour reprendre les bordures. Nous soulevons donc les parties concernées, nettoyons et rinçons dessous, puis attendons que tout soit parfaitement sec avant d’appliquer le mastic et de maintenir le revêtement en pression le temps de la prise. 

Entre deux séances de bricolage, nous profitons tout de même de Port-Saint-Louis-du-Rhône.  Pendant le coup de mistral, nous partons nous promener le long du Rhône. Le courant est important et le vent balaie la surface du fleuve. Plusieurs barges sont amarrées le long des quais, certaines en cours de peinture. Nous allons également observer l’écluse, et son pont levant, qui relie le port au Rhône. Son franchissement ne nous paraît pas particulièrement adapté à Janjak : elle semble surtout conçue pour les grandes embarcations commerciales, avec des points d’amarrage hauts et très espacés. 

Nous avions un temps envisagé de quitter Port-Saint-Louis par cette écluse, puis de descendre le Rhône jusqu’à son embouchure pour retrouver la mer. Ce trajet nous faisant gagner 7 milles nautiques sur notre trajet. Après avoir vu les installations, nous abandonnons finalement cette idée. À ce stade, la manœuvre nous semble trop risquée et nous préférons éviter d’endommager Janjak.

Le week-end correspond également aux Journées du patrimoine. Port-Saint-Louis-du-Rhône ne possède pas énormément de bâtiments historiques à visiter, mais l’ancienne tour qui accueille aujourd’hui l’office de tourisme est ouverte au public. Nous y allons le dimanche, avant de terminer l’après-midi par une promenade le long du Rhône puis dans la ville.

Pendant ces six jours, nous profitons aussi tout simplement de la vie à bord au port. Nous cuisinons quelques bons petits plats, prenons des apéritifs et faisons même une soirée pizzas devant un film. Nous passons également quelques heures à ne rien faire de particulier, notamment à jouer aux jeux vidéo. Nouille, elle, est particulièrement intéressée par le catway, qui lui permettrait de descendre du bateau. La seule raison qui la retient est la présence de plusieurs chiens autour de nous.

Il existe cependant une règle incontournable à Port-Saint-Louis : tous les soirs, vers 18h30, nous nous enfermons à l’intérieur de Janjak.  Les moustiques prennent alors possession des lieux… et ils sont particulièrement voraces. 

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